Encourager la démocratie délibérative

Alors que les appels pour une démocratie réellement participative se font de plus en plus fréquents, les jeunes libéraux proposent d’optimiser les outils déja disponibles. Cela permettrait un traitement plus transparent des initiatives de la société civile, tout en améliorant la visibilité de celle-ci.

Ainsi, la JDL demande au gouvernement et à la Chambre des Députés de créer un système de pétitions en ligne, comme il existe depuis un certain temps en Allemagne. Celui-ci permet aux citoyens de publier leurs pétitions sur le site internet du Bundestag, créant ainsi un lieu d’échange et d’informations pour les initiatives citoyennes. Cela impliquerait bien entendu une utilisation plus accrue de l’internet comme média politisé, ce qui présente un risque de banalisation de ces outils qu’il faut éviter au possible.

Dès lors, les jeunes libéraux sont d’avis qu’il faudrait s’attacher à encourager, d’une manière plus générale, une culture de la participation et du débat. De toute évidence, celui-ci, pour être bien maîtrisé, devrait commencer dès la formation scolaire. D’où la proposition des jeunes libéraux, dans le cadre d’une suppression de l’enseignement religieux, de créer un cours d’éducation civique au sens large du terme, incluant des domaines aussi variés que les droits et libertés, les médias ou encore, précisément, une éducation à la citoyenneté.

La JDL suggère encore de réfléchir de manière plus approfondie aux moyens d’associer la société civile aux débats politiques. Les hearings à la Chambre des Députés sont un moyen pour ce faire, mais des initiatives privées devraient également être facilitées. Par ailleurs, les autorités politiques gagneraient à réclamer l’avis des associations concernées de façon régulière et dans des domaines définis par thématiques, comme par exemple l’environnement, les droits fondamentaux, la culture ou encore l’intégration. Un dialogue entre les mouvements associatifs et politiques permettrait en effet une approche plus globale de ces sujets. Ainsi, tous les citoyens seraient encouragés à formuler leurs perspectives concernant le vivre-ensemble.

Swift: Un pas en avant pour la protection des données

C’est avec satisfaction que les jeunes libéraux apprennent la nouvelle du refus, à une majorité de 378 contre 196 avec 31 abstentions, de l’accord SWIFT par le Parlement européen.

Ainsi, alors même que tant la commission que les gouvernements des Etats membres avaient en vain tenté d’écarter les parlementaires de la décision, ceux-ci ont su défendre la protection des données des citoyens.

Contrairement également à ce qu’affirmait le gouvernement luxembourgeois pour s’abriter de façon ridicule derrière le bouc émissaire idéal qu’est devenu Bruxelles, la problématique du secret bancaire n’a aucunement été en cause. Au contraire, des parlementaires de tous bords ont refusé l’accord en y voyant justement une atteinte aux droits fondamentaux.

Dans ce contexte, les jeunes libéraux saluent l’engagement des parlementaires en faveur de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Une leçon que Mme Reding, désormais commissaire à la justice et aux droits fondamentaux alors qu’on ne sait pas réellement en quoi elle serait particulièrement compétente pour ce poste, ferait bien d’assimiler : les droits fondamentaux devront être effectivement protégés, et non simplement déclarés dans des discours pompeux.

Le vote souligne également les bienfaits du traité de Lisbonne, contrairement à ce que les partis des deux extrêmes de l’échiquier politique ont pu prétendre. En effet, c’est grâce aux nouveaux pouvoirs accordés au Parlement européen que celui-ci peut désormais mieux faire entendre sa voix.

Toujours est-il que les jeunes libéraux estiment qu’il faut aller plus loin et attribuer un droit d’initiative législative aux parlementaires européens, ce qui n’est pas encore le cas dans le processus de codécision que l’Union européenne pratique aujourd’hui.

Le bureau exécutif.

Revendiquons la liberté, n’en déplaise à l’église

C’est sans surprise, mais avec un certain désarroi que les jeunes libéraux prennent connaissance de la position de l’archevêché sur le droit à l’interruption volontaire de la grossesse. On peut notamment y lire des considérations sur le primat de la vie et la condamnation catégorique d’une mesure allant à son avis à l’encontre d’une protection de la vie naissante. Ainsi, l’Eglise semble toujours méconnaître l’importance cruciale de cette mesure pour la femme elle-même, représentée comme inconsciente, voire égoïste. Il paraît qu’elle devrait au contraire servilement exécuter sa mission naturelle, sans même se soucier de l’avenir qu’elle peut offrir à son enfant.

Le projet de loi 6103 déposé par le ministre Biltgen relève du même état d’esprit. En effet, il ne s’agit nullement d’une dépénalisation, mais seulement d’une extension de l’IVG pour raisons médicales aux cas de détresse sociale.

Contrairement à ce qu’affirme encore l’Eglise, la législation n’a pas à prendre en compte le point de vue catholique. Le législateur n’a, en vertu de l’article 50 de la Constitution, pas pour mission d’assurer la pérennité de prétentions spirituelles, mais d’opérer une régulation sociale dans l’intérêt général. Dans une optique libérale, la politique devrait laisser une large autonomie aux citoyens et ne s’immiscer que pour éviter des empiètements sur la liberté d’autrui, comme cela a d’ailleurs été reconnu dès la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

Ainsi, les jeunes libéraux se prononcent clairement en faveur d’une dépénalisation de l’IVG et de la liberté de la femme de disposer de son corps. La JDL encourage donc toujours la proposition de loi présentée par Mme Lydie Err,  permettant une IVG légale dans les 12 premières semaines de la grossesse. Au vu des diverses prises de position, elle est convaincue qu’une majorité pourrait s’accorder sur ce texte. Aux partis et à leurs députés d’enfin agir en conséquence.

Le bureau exécutif.